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التشريع · 7 د قراءة

Conduire en Espagne avec un permis marocain : six mois, et une convention que l'Espagne n'a jamais ratifiée

L'Espagne a signé la convention de Vienne de 1968 mais ne l'a jamais ratifiée : la relation avec le Maroc reste régie par celle de Genève de 1949. L'article 21 du Reglamento General de Conductores fixe le reste — six mois, traduction officielle, et un échange à 28,87 €.

La rédaction Autospot ·Réglementation et démarches ·

L'Espagne est la première porte d'entrée routière des Marocains en Europe. C'est aussi le pays où la règle est la moins intuitive, pour une raison que presque personne ne relève : l'Espagne n'est pas partie à la convention routière que le Maroc a ratifiée.

Le point de droit qui change tout

Le dépositaire des conventions routières est le Secrétaire général des Nations unies. Sa base des traités, chapitre XI-B-19, donne pour la *Convention sur la circulation routière* de Vienne du 8 novembre 1968 une ligne espagnole sans ambiguïté : signature le 8 novembre 1968, aucune ratification. Le Maroc, lui, y a adhéré le 29 décembre 1982.

Or l'article 48 de cette même convention précise qu'elle met fin et remplace la convention de Genève de 1949 « dans les relations entre les Parties contractantes ». L'Espagne n'étant pas Partie contractante à Vienne, le texte commun au Maroc et à l'Espagne demeure la Convention sur la circulation routière de Genève du 19 septembre 1949 : le Maroc y est partie par succession depuis le 7 novembre 1956, l'Espagne par adhésion depuis le 13 février 1958.

Ce n'est pas une subtilité d'universitaire. On la lit directement dans le texte espagnol applicable.

Ce que dit le règlement espagnol, ligne par ligne

La règle figure à l'article 21 du Reglamento General de Conductores, le décret royal 818/2009, consultable au *Boletín Oficial del Estado*. Il énumère les permis étrangers valables en Espagne :

  • les permis nationaux conformes aux annexes de la convention de Genève de 1949 ou de celle de Vienne de 1968 ;
  • les permis rédigés en espagnol ou accompagnés d'une traduction officielle ;
  • les permis internationaux conformes aux modèles de la convention de Genève de 1949 ou de celle de Paris de 1926 ;
  • les permis reconnus en vertu d'un traité bilatéral ou multilatéral auquel l'Espagne est partie.

Arrêtez-vous sur la troisième ligne. Pour le permis international, le texte espagnol nomme Genève 1949 et Paris 1926 — pas Vienne 1968. Le carnet au modèle de Vienne n'est donc pas nommé dans la liste espagnole.

En revanche, votre permis marocain lui-même est couvert deux fois : par la première ligne, s'il est conforme aux annexes — et l'annexe 6 de Vienne précise expressément qu'un permis conforme au modèle de l'annexe 9 de la convention de Genève de 1949 satisfait aussi à ses exigences — et par la deuxième ligne dès lors qu'il est accompagné d'une traduction officielle en espagnol.

La conséquence pratique tient en une phrase : en Espagne, ce qui vous protège d'abord, c'est votre permis national et sa traduction officielle, pas le carnet international.

Combien de temps pouvez-vous conduire en Espagne

Le même article 21 pose trois conditions cumulatives :

  • le permis doit être en vigueur ;
  • son titulaire doit avoir l'âge exigé en Espagne pour le permis espagnol équivalent ;
  • six mois au maximum doivent s'être écoulés depuis l'acquisition de la résidence normale en Espagne — et, si la résidence ne peut pas être prouvée, six mois au maximum depuis l'entrée régulière sur le territoire espagnol.

Passé ce délai, le texte impose d'obtenir un permis espagnol.

La seconde branche est celle qui vise le visiteur, et c'est la bonne nouvelle de cette page : un Marocain entré régulièrement en Espagne dispose d'une fenêtre de six mois. Pour des vacances d'été, un aller-retour, une tournée familiale, la question ne se pose pas. Elle se pose pour l'installation — et pour les allers-retours si longs qu'ils ressemblent à une résidence.

Notez aussi la condition d'âge. Elle n'est pas décorative : l'article 41, paragraphe 2, de la convention de Vienne autorise expressément les États à refuser de reconnaître un permis détenu par une personne de moins de dix-huit ans, et de moins de vingt et un ans pour les catégories C, D et E.

L'échange : le Maroc a une convention avec l'Espagne

La DGT publie la liste des pays liés à l'Espagne par une convention d'échange de permis. Le Maroc y figure, et le détail est chiffré.

ÉlémentCe que publie la DGT
Entrée en vigueur de la convention08/06/2004
Modification de l'accord07/04/2024
Motos et voituressans épreuve — taxe II.3 : 28,87 €
Camions et autobusépreuve de circulation obligatoire — taxe II.1 : 94,05 €

Autrement dit : pour une catégorie A ou B, l'échange se fait sur dossier, sans repasser d'examen, pour 28,87 €. Pour les catégories lourdes, une épreuve pratique de circulation est exigée et la taxe monte à 94,05 €. L'accord a été modifié le 7 avril 2024 ; le tableau ci-dessus reproduit ce que la DGT affichait au 25 août 2026.

C'est un avantage réel et peu connu. Beaucoup de nationalités n'ont pas de convention d'échange avec l'Espagne et doivent repasser l'examen espagnol en entier.

Ce que la DGT conseille au conducteur non européen

Sur sa page consacrée à la conduite avec un permis étranger, la DGT recommande d'obtenir « dans votre pays » le permis international avant d'arriver. C'est un conseil de bonne administration, pas une obligation légale autonome : l'obligation, elle, découle de l'article 21 cité plus haut.

Mais un contrôle routier se passe mieux avec un document que l'agent sait lire. Pour un séjour touristique, la panoplie raisonnable est donc : le permis marocain, une traduction officielle en espagnol ou un permis international, et les papiers du véhicule.

Le véhicule est un dossier séparé

Rien de ce qui précède ne concerne la voiture. Un permis reconnu dans un véhicule mal documenté ne vous mène pas plus loin que le premier contrôle. Le certificat d'immatriculation, le signe distinctif de l'État d'immatriculation et l'attestation d'assurance valable en Espagne relèvent d'autres articles du traité et du droit espagnol : c'est le sujet de notre guide sur une voiture marocaine en Europe.

Si vous partez de l'autre bout de la question — quel véhicule acheter avant de faire la route — notre catalogue du neuf et le barème de la vignette donnent le coût marocain de la mise à la route. Et pour comprendre ce qu'est réellement le carnet international, lisez permis de conduire international au Maroc.

Ce que nous ne publions pas ici, et pourquoi

Nous ne donnons volontairement, sur cette page, ni tableau de limitations de vitesse, ni taux d'alcoolémie espagnols. Les pages de la DGT qui les fixent n'ont pas répondu lors de nos vérifications du 25 août 2026, et nous refusons de recopier ces chiffres depuis une source secondaire : ce sont exactement les valeurs qu'un article approximatif fait dériver d'une année sur l'autre. L'autorité qui les publie est la Dirección General de Tráfico, sur dgt.es.

Nous n'avons pas davantage pu vérifier le mécanisme espagnol du dépôt du montant de l'amende exigé du conducteur non résident, ni l'immobilisation du véhicule qui l'accompagne. Le texte qui le fixerait est le *texto refundido de la Ley sobre Tráfico*, au *Boletín Oficial del Estado* ; nous n'avons pas pu en ouvrir la partie pertinente. Retenez seulement le principe, qui n'est contesté par personne : un plaque marocaine ne met pas à l'abri d'une sanction immédiate, et l'absence d'échange automatisé d'informations entre l'Espagne et le Maroc pousse plutôt les agents à régler la sanction sur place.

الأسئلة الشائعة

نجيبك

Puis-je conduire en Espagne avec mon permis marocain ?
Oui. L'article 21 du Reglamento General de Conductores espagnol, le décret royal 818/2009 publié au Boletín Oficial del Estado, reconnaît les permis nationaux conformes aux annexes de la convention de Genève de 1949 ou de celle de Vienne de 1968, ainsi que les permis rédigés en espagnol ou accompagnés d'une traduction officielle. Le permis doit être en cours de validité et son titulaire doit avoir l'âge exigé en Espagne pour le permis espagnol équivalent.
Combien de temps puis-je conduire en Espagne avec un permis marocain ?
Six mois au maximum à compter de l'acquisition de la résidence normale en Espagne, selon l'article 21.2 du décret royal 818/2009. Et si la résidence ne peut pas être prouvée, le texte retient six mois au maximum à compter de l'entrée régulière sur le territoire espagnol. Pour un séjour de vacances, la fenêtre est donc largement suffisante.
Ai-je besoin d'un permis international pour l'Espagne ?
La DGT le recommande sur sa page consacrée à la conduite avec un permis étranger : obtenir le permis international dans son pays avant d'arriver. Mais l'article 21 du règlement espagnol nomme, pour le permis international, les modèles de la convention de Genève de 1949 et de celle de Paris de 1926 — pas celui de Vienne de 1968. Ce qui vous protège d'abord en Espagne, c'est votre permis marocain accompagné d'une traduction officielle en espagnol.
Comment échanger un permis marocain contre un permis espagnol ?
Une convention d'échange lie les deux pays. La DGT indique qu'elle est entrée en vigueur le 08/06/2004 et que l'accord a été modifié le 07/04/2024. Pour les motos et les voitures, aucune épreuve n'est exigée et la taxe est de 28,87 €. Pour les camions et les autobus, une épreuve pratique de circulation est obligatoire et la taxe passe à 94,05 €.
Pourquoi la convention de Vienne ne s'applique-t-elle pas entre le Maroc et l'Espagne ?
Parce que l'Espagne ne l'a jamais ratifiée. La base des traités du Secrétaire général des Nations unies, dépositaire, indique pour l'Espagne une signature au 8 novembre 1968 sans ratification. Or l'article 48 du texte de Vienne ne remplace la convention de Genève de 1949 que dans les relations entre Parties contractantes. Le Maroc et l'Espagne étant tous deux parties à Genève 1949 — succession au 7 novembre 1956 pour le Maroc, adhésion au 13 février 1958 pour l'Espagne — c'est ce texte-là qui reste leur terrain commun.

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