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Démarches · 8 min de lecture

Permis de conduire international au Maroc : ce que le traité impose et ce que la NARSA ne publie pas

Le permis de conduire international n'est pas un permis : c'est un formulaire de traduction plafonné à trois ans par l'annexe 7 de la convention de Vienne. Au 25 août 2026, aucune source officielle marocaine n'en publie ni le tarif ni la procédure.

La rédaction Autospot ·Réglementation et démarches ·

Un permis de conduire international n'est pas un permis. C'est un formulaire de traduction, normalisé par un traité, qui accompagne votre permis marocain et le rend lisible par un agent espagnol, français ou italien. Seul, il ne vaut rien : le texte qui le crée dit explicitement qu'il n'est délivré qu'au titulaire d'un permis national et qu'il cesse d'être valable le jour où ce permis national expire.

Cette page sépare trois choses que les articles recopiés confondent en permanence : ce que le traité impose, ce que les administrations européennes appliquent, et ce que l'administration marocaine publie — ou ne publie pas.

Le Maroc est partie aux deux conventions routières

C'est le point de départ, et tout le reste en découle.

Le dépositaire des conventions routières est le Secrétaire général des Nations unies. Sa base des traités, chapitre XI-B-19, indique que le Maroc a adhéré le 29 décembre 1982 à la *Convention sur la circulation routière* conclue à Vienne le 8 novembre 1968, entrée en vigueur le 21 mai 1977 en application de son article 47, paragraphe 1. Le Maroc n'a pas signé le texte en 1968 : il y a adhéré quatorze ans plus tard, avec une réserve sur l'article 52 et une déclaration assimilant les cyclomoteurs aux motocycles.

Le Maroc est aussi partie à la convention antérieure, celle de Genève du 19 septembre 1949, par succession au 7 novembre 1956 — chapitre XI-B-1 du même dépositaire.

Être partie aux deux n'est pas une contradiction. L'article 48 de la convention de Vienne règle le conflit : elle met fin et remplace, « dans les relations entre les Parties contractantes », la convention de Genève de 1949, ainsi que les conventions de Paris de 1926 et celle de Washington de 1943. Autrement dit : Vienne s'applique face à un pays qui l'a ratifiée, Genève reste le terrain commun face à un pays qui ne l'a pas ratifiée. Cette nuance décide de tout pour l'Espagne, et nous y revenons plus bas.

Ce que le permis international est, exactement

L'annexe 7 de la convention de Vienne décrit l'objet au millimètre : un carnet au format A6, 148 × 105 mm, couverture grise et pages intérieures blanches, la page de modèle n° 3 imprimée en français, les pages qui la précèdent reprenant le même contenu dans plusieurs langues dont l'anglais, le russe et l'espagnol.

Trois règles méritent d'être lues avant de payer quoi que ce soit.

Il n'existe pas sans le permis national. Article 41, paragraphe 5 : un permis international n'est délivré qu'au titulaire d'un permis national dont la délivrance a rempli les conditions minimales de la convention, et « il cesse d'être valable à l'expiration du permis national correspondant », dont le numéro doit y être inscrit.

Sa validité est plafonnée à trois ans. La page de couverture prévue par l'annexe 7 porte la mention « Valable jusqu'au… », définie dans la note du modèle comme : trois ans après la date de délivrance, ou la date d'expiration du permis national, la première de ces deux dates étant retenue.

Il ne vaut pas là où vous résidez. La deuxième page du modèle porte deux phrases décisives : le permis n'est pas valable pour le territoire de la Partie contractante où le titulaire réside normalement, et il cesse d'être valable dans un État si son titulaire y établit sa résidence normale.

Cette dernière ligne est celle qui piège les Marocains installés en Europe. Un permis international pris à Casablanca ne prolonge pas d'un jour votre droit de conduire en France ou en Espagne une fois que vous y avez transféré votre résidence. Il traduit, il ne proroge pas.

Les catégories réelles : A, B, C, D, E

L'annexe 6 de la convention, qui décrit le permis national, et l'annexe 7, qui décrit le permis international, définissent cinq catégories et cinq seulement.

CatégorieDéfinition de l'annexe 6
AMotocycles
BVéhicules autres que ceux de la catégorie A, dont le poids maximal autorisé n'excède pas 3 500 kg et comptant au plus huit places assises outre celle du conducteur
CVéhicules affectés au transport de marchandises dont le poids maximal autorisé excède 3 500 kg
DVéhicules affectés au transport de personnes comptant plus de huit places assises outre celle du conducteur
EEnsembles de véhicules dont le véhicule tracteur relève d'une catégorie B, C ou D pour laquelle le conducteur est titulaire

Il n'y a pas de catégorie A2 dans ces annexes. A2 est une subdivision du droit de l'Union européenne. Le texte de référence marocain est la loi 52-05 portant code de la route, que la NARSA cite elle-même sur narsa.ma. Si une page vous annonce un « A2 marocain », elle recopie du droit français sur une législation qui ne le connaît pas.

Détail cohérent avec l'expérience du guichet : l'annexe 6 prévoit un permis national de couleur rose, portant le titre « Permis de conduire » en français, avec une photographie au format 35 × 45 mm — exactement le format que la NARSA exige dans ses dossiers.

Qui délivre le permis international au Maroc : nous ne pouvons pas le confirmer

Voici le point où il faut être franc plutôt qu'utile.

Le portail de services de la NARSA, khadamatnarsa.ma, publie la liste de ses démarches liées au permis de conduire. Consultée le 25 août 2026, dans ses versions française et arabe, cette liste compte neuf procédures : obtention du permis pour la première fois, permis à points, extension de catégorie, échange de permis, actualisation de l'adresse de résidence, échange d'un permis de conduire étranger, duplicata, conversion du brevet militaire, et conducteurs âgés de plus de 65 ans.

Aucune de ces neuf procédures n'est le permis international. Le site institutionnel narsa.ma ne le mentionne pas davantage, ni dans ses services en ligne, ni dans ses actualités.

Nous ne publions donc ni tarif, ni délai, ni durée de validité marocaine pour ce document, parce que nous n'avons trouvé aucune source officielle marocaine qui les fixe. Les montants qui circulent en ligne ne sont adossés à aucun texte que nous ayons pu ouvrir, et ils se contredisent entre eux.

L'autorité qui trancherait la question est la NARSA, par son portail khadamatnarsa.ma ou par son service de renseignement asknarsa.ma. Le jour où elle publie la fiche, nous la citerons ici avec sa date.

Ce que nous pouvons affirmer sans réserve, en revanche : la validité ne peut pas dépasser trois ans, quelle que soit la pratique administrative marocaine, parce que c'est l'annexe 7 du traité qui la plafonne — et le Maroc est lié par ce traité depuis le 29 décembre 1982.

Le seul tarif NARSA que nous ayons pu vérifier

Une démarche voisine est, elle, documentée : l'échange d'un permis de conduire étranger contre un permis marocain, décrite sur khadamatnarsa.ma. Les droits de timbre et de rémunération de service y sont « fixés à 700 dh ».

Le dossier comprend le formulaire d'échange signé, la quittance de 700 Dh, un justificatif d'identité et de résidence, un certificat médical de moins de trois mois, deux photographies couleur 35 × 45 mm sur fond bleu, et le permis étranger original en cours de validité, accompagné d'une traduction en arabe ou en français si nécessaire. Un récépissé provisoire valable 60 jours est remis au dépôt du dossier, le temps que la NARSA vérifie l'authenticité du permis auprès de l'autorité qui l'a délivré.

C'est la démarche du sens inverse — celle du Marocain qui rentre avec un permis étranger — mais elle montre comment l'agence documente ses tarifs quand elle les documente. L'absence de fiche équivalente pour le permis international est donc une absence, pas un oubli de notre part.

Avez-vous vraiment besoin d'un permis international ?

Pour les deux destinations les plus fréquentes, la réponse dépend moins du carnet international que de la reconnaissance de votre permis marocain lui-même.

  • En France, la question est réglée par la convention de Vienne, que la France a ratifiée le 9 décembre 1971. Le détail est dans notre guide conduire en France avec un permis marocain.
  • En Espagne, la situation est différente et il faut la lire avant de partir : l'Espagne a signé la convention de Vienne le 8 novembre 1968 mais ne l'a jamais ratifiée, ce qui renvoie la relation Maroc-Espagne à la convention de Genève de 1949. Voir conduire en Espagne avec un permis marocain.

Une nouveauté vaut d'être signalée : la NARSA a annoncé le 11 juin 2026 la signature, la veille à Rabat, d'un accord de reconnaissance mutuelle des permis avec le Portugal, qui étend la reconnaissance à l'ensemble des catégories et autorise la conduite pendant un an à compter de l'entrée. Ce type d'accord bilatéral peut modifier la règle applicable à un pays donné sans rien changer au traité.

Enfin, la question du conducteur est distincte de celle du véhicule : les papiers de la voiture relèvent d'autres articles du même traité et de la douane. C'est le sujet de notre guide sur une voiture marocaine en Europe. Et si le voyage commence par l'achat d'un véhicule, notre catalogue du neuf et le barème de la vignette chiffrent la mise à la route côté marocain.

Ce que nous n'avons pas pu vérifier

La liste est courte, mais elle existe et elle a sa place ici :

  • l'autorité marocaine qui délivre le permis international, sa procédure, son coût et son délai — introuvables sur narsa.ma et khadamatnarsa.ma au 25 août 2026 ;
  • la durée de validité du permis international au modèle de Genève 1949, dont le texte annexé n'a pas pu être extrait du fichier du dépositaire, un PDF numérisé sans couche de texte ;
  • les lettres du signe distinctif notifié par le Maroc au Secrétaire général des Nations unies au titre de l'annexe 3.

Chacun de ces points sera corrigé ici dès qu'une source officielle le fixe, et daté comme le reste.

Questions fréquentes

On vous répond

Le permis international remplace-t-il mon permis marocain ?
Non, jamais. L'article 41, paragraphe 5, de la convention de Vienne du 8 novembre 1968 dispose qu'un permis international n'est délivré qu'au titulaire d'un permis national et qu'il cesse d'être valable à l'expiration de ce permis national, dont le numéro doit y être inscrit. Vous devez donc présenter les deux documents ensemble.
Combien de temps le permis international est-il valable ?
Trois ans au maximum. La page de couverture définie par l'annexe 7 de la convention de Vienne porte la mention « Valable jusqu'au », définie comme trois ans après la date de délivrance ou la date d'expiration du permis national, la première de ces deux dates étant retenue. Aucune administration ne peut aller au-delà.
Combien coûte le permis international au Maroc et où le demander ?
Nous ne le publions pas, parce que nous n'avons trouvé aucune source officielle marocaine qui le fixe. Le portail khadamatnarsa.ma, consulté le 25 août 2026, liste neuf démarches liées au permis de conduire et aucune n'est le permis international. L'autorité qui trancherait la question est la NARSA.
Existe-t-il une catégorie A2 au Maroc ?
Pas dans le traité. Les annexes 6 et 7 de la convention de Vienne ne définissent que cinq catégories : A, B, C, D et E. A2 est une subdivision du droit de l'Union européenne. Une page qui annonce un « A2 marocain » recopie du droit français ; le texte de référence marocain est la loi 52-05 portant code de la route, citée par la NARSA.
Mon permis international est-il valable en France quand j'y habite ?
Non. La deuxième page du modèle de l'annexe 7 énonce que le permis n'est pas valable pour le territoire de la Partie contractante où le titulaire réside normalement, et qu'il cesse d'être valable dans un État dès que son titulaire y établit sa résidence normale. Un permis international pris à Casablanca ne prolonge donc pas d'un jour un droit de conduire en France une fois la résidence transférée.
Le Maroc est-il partie à la convention de Vienne ou à celle de Genève ?
Aux deux. Selon la base des traités du Secrétaire général des Nations unies, dépositaire, le Maroc a adhéré le 29 décembre 1982 à la convention de Vienne du 8 novembre 1968, et il est partie à celle de Genève du 19 septembre 1949 par succession depuis le 7 novembre 1956. L'article 48 du texte de Vienne règle le conflit : Vienne remplace Genève, mais seulement dans les relations entre les États qui ont ratifié Vienne.

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