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Importation · 7 min de lecture

Admission temporaire d'un véhicule au Maroc : durée, conditions et amendes de dépassement

Aucune formalité préalable, aucun document à remplir depuis 2019, mais un compteur qui tourne par année civile et une amende qui quadruple selon que vous vous présentez de vous-même ou que le véhicule a été saisi.

La rédaction Autospot ·Réglementation et fiscalité automobile ·

L'admission temporaire d'un véhicule au Maroc est le régime qui permet à une personne résidant à l'étranger d'entrer avec sa voiture immatriculée hors du Royaume sans payer les droits et taxes d'importation. C'est le régime le plus utilisé et le plus mal connu : il ne demande aucune formalité préalable, ce qui fait croire qu'il ne comporte aucune contrainte. Il en comporte trois, et elles sont chiffrées : une durée par année civile, un usage strictement personnel, et un barème d'amendes qui double si c'est la douane qui vient vous chercher.

Aucune démarche avant le départ

Commençons par ce qui n'existe pas. L'ADII le dit dans les mêmes termes sur plusieurs de ses pages Particuliers : « Aucune démarche préalable de la part des MRE n'est nécessaire pour bénéficier du régime de l'admission temporaire pour leurs véhicules automobiles. »

Depuis le 1er janvier 2019, les déclarations écrites modèles D 16ter et D 16bis ont été supprimées. La prise en charge se fait sur le système informatique de l'administration, par les agents douaniers présents à bord des bateaux assurant la traversée vers le Maroc ou au bureau d'entrée aux frontières. Un document imprimé, la carte d'admission temporaire, vous est remis : il porte les caractéristiques du véhicule, l'identité de l'importateur et la date d'expiration de la validité.

Ce document n'est pas un document de circulation. L'ADII prend soin de le préciser dans son *Guide douanier des Marocains Résidant à l'Étranger* édition 2026 : « la carte d'admission temporaire ou son duplicata ne se substituent nullement aux documents de circulation (carte grise, assurance, etc.) ».

Les documents à présenter à l'entrée

L'ADII liste, pour l'admission temporaire d'un véhicule immatriculé à l'étranger :

  • la carte de séjour, ou tout autre document justifiant la résidence habituelle à l'étranger ;
  • l'original de la carte grise du véhicule ;
  • un passeport valide ;
  • une assurance couvrant le territoire marocain ;
  • une procuration datée et signée du propriétaire, si le véhicule appartient à un tiers ;
  • pour un véhicule de location, un contrat précisant l'approbation de la société locatrice pour l'introduction du véhicule au Maroc.

Si la carte verte ne couvre pas le territoire marocain, la douane indique qu'une assurance frontière peut être souscrite aux guichets ouverts à cet effet aux postes frontières.

Un certificat provisoire d'immatriculation — carte grise provisoire — est accepté, à trois conditions publiées par l'ADII : qu'il soit en cours de validité, établi au nom de l'importateur et certifié par les autorités du pays d'immatriculation, et qu'il ne comporte aucune restriction de circulation hors de ce pays. L'admission temporaire est alors accordée pour la seule durée de validité de ce certificat.

Les durées, qui ne sont pas les mêmes pour tout le monde

C'est la partie où les sources secondaires se contredisent le plus, parce qu'elles mélangent les profils. Voici ce que l'ADII publie, profil par profil.

ProfilType de véhiculeDurée
MRE en vacancestourisme, utilitaire léger, camping-car, moto180 jours par année civile
MRE en retour définitifvéhicule de tourisme6 mois, au terme desquels il faut dédouaner ou réexporter
Étranger en visitetourisme (camping-car inclus) ou moto6 mois par année civile
Étranger en visiteutilitaire léger à usage touristique3 mois par année civile
Étranger venant s'établir au Marocvéhicule personnel6 mois
Bateau de plaisance en port de plaisance18 mois
Jet ski et engins nautiques hors port de plaisance180 jours

Le chiffre de 180 jours pour les MRE en vacances est celui du Guide MRE édition 2026 ; les pages FAQ de l'ADII expriment la même durée sous la forme « six (06) mois ». Dans les deux cas, la durée se consomme de manière continue ou fractionnée sur l'année civile, et l'ADII répète que « les délais de séjour susvisés ne peuvent faire l'objet de prorogation ».

Le compteur suit le véhicule, pas la personne. L'ADII le formule sans ambiguïté : « Un véhicule ayant séjourné six (06) mois au Maroc ne peut être réintroduit sous le régime de l'admission temporaire au cours de la même année civile même dans le cas où le véhicule en question serait importé par une tierce personne sous couvert d'une procuration. » Le Guide 2026 ajoute une seule porte de sortie : la réadmission dans l'année n'est possible que si le véhicule est importé par un nouveau propriétaire, au vu d'une carte grise établie à son nom.

Une règle particulière vise les travailleurs saisonniers : ils doivent justifier d'un séjour à l'étranger supérieur ou égal à six mois pour prétendre au régime, contrat de travail ou visa de séjour à l'appui.

Le chevauchement d'année civile

La règle la plus utile de tout le dispositif, et la moins connue. L'ADII autorise le report du reliquat non consommé d'une année sur l'autre lors d'un séjour continu, sans que l'importateur soit obligé de quitter le territoire et sans contentieux.

Plus précisément : « Les AT arrivant à échéance à partir du 1er décembre de chaque année peuvent, dorénavant, être prorogées sans interruption de séjour et sans pénalité, pour une durée de 180 jours supplémentaires, à comptabiliser au titre de l'année suivante. »

Deux cas dérivés sont prévus. Une admission temporaire arrivée à échéance avant le 1er décembre peut bénéficier de la même facilité si l'intéressé se présente après cette date, mais moyennant le paiement de la pénalité de dépassement. Et une personne ayant déjà consommé son droit pour l'année en cours peut importer son véhicule à compter du 1er décembre pour un séjour décompté sur l'année suivante.

La demande se formule à compter du 1er décembre, appuyée des originaux du certificat d'immatriculation et de la carte d'AT.

Les engagements : usage strictement personnel

Le régime est accordé pour un usage personnel, et l'ADII énumère ce qui constitue une infraction : « la mise à la disposition à des tiers, le prêt, la cession ou l'utilisation même sous couvert d'une procuration, sans autorisation de l'Administration des Douanes et Impôts Indirects, de tout véhicule admis temporairement constituent des infractions en douane passibles de poursuites judiciaires ».

Sur la conduite, la règle est plus souple qu'on ne le croit généralement, mais elle a une frontière nette :

  • une personne résidant à l'étranger peut conduire le véhicule sans accord préalable de la douane, si elle détient le certificat d'immatriculation, la carte d'AT valide et un justificatif de résidence à l'étranger ;
  • un résident au Maroc ne peut le conduire qu'en présence de l'importateur titulaire de la carte d'AT.

Enfin, une même personne ne peut avoir deux véhicules en cours : « Toute personne ayant à sa charge un véhicule dont la situation n'est pas régularisée, ne peut en importer temporairement un deuxième. »

Les amendes de dépassement

Le barème est publié par l'ADII et il est double : le montant dépend de la durée du dépassement et des circonstances dans lesquelles vous vous présentez.

DépassementPrésentation spontanéeAprès saisie du véhicule
30 jours ou moins1 000 Dh2 000 Dh
31 à 60 jours2 500 Dh5 000 Dh
61 jours à 6 mois5 000 Dh10 000 Dh
Plus de 6 mois10 000 Dh20 000 Dh

L'écart entre les deux colonnes est la seule chose à retenir : se présenter de soi-même divise l'amende par deux, quelle que soit la tranche. Le Guide MRE 2026 reprend la colonne « présentation spontanée » et ajoute que le véhicule ayant dépassé le délai ne peut plus circuler sans autorisation de l'administration. Les pages FAQ précisent en outre qu'en cas de dépassement, la sortie du véhicule du territoire n'est autorisée qu'après paiement de la pénalité.

Sortir du régime : réexporter, dédouaner ou transférer

Avant l'échéance, trois issues sont possibles.

Réexporter. Par le bénéficiaire lui-même, ou par une personne mandatée et autorisée par la douane. En quittant le Royaume, vérifiez que le visa de la douane a bien été apposé sur le document d'AT : ce document est votre preuve d'exportation.

Dédouaner. C'est possible, mais l'ADII rappelle que cela rompt l'engagement souscrit : « vous serez, de ce fait, tenu de payer, en sus des droits et taxes d'importation, une amende d'un montant de 2.000 dirhams et des droits de timbres de 40 dirhams ». Le calcul des droits et taxes eux-mêmes est détaillé dans notre guide sur le dédouanement d'une voiture au Maroc.

Transférer. Entre personnes ne résidant pas au Maroc, le transfert s'opère auprès des services douaniers, y compris si le cédant et le cessionnaire résident dans des pays différents. Trois conditions : la demande doit être introduite pendant la validité de l'AT ; le cessionnaire ne doit pas avoir de véhicule non régularisé à sa charge ni avoir épuisé son droit ; les deux parties doivent être présentes, sauf transfert au profit du propriétaire. Le transfert ne proroge jamais le délai initial. Vers un résident au Maroc, le transfert de propriété n'est possible qu'après paiement des droits, taxes et amendes exigibles.

Les cas particuliers : panne, accident, vol, décès

Panne ou accident. Des pièces détachées peuvent être importées en suspension de droits et taxes sous admission temporaire, à condition de déposer la demande par l'intermédiaire d'une compagnie d'assistance agréée par la douane, et de réexporter ou dédouaner les pièces défectueuses avant l'expiration du délai accordé au véhicule.

Véhicule gravement endommagé. Il peut être réexporté ou dédouané pour la ferraille. Le dossier comprend la copie du document d'AT, l'original de la carte grise, quatre photographies du véhicule sous différents angles, le procès-verbal de constat ou le constat à l'amiable, et un rapport d'expertise établi par un expert agréé. La douane applique alors, selon les dégâts constatés, des dégrèvements supplémentaires sur la valeur taxable.

Vol ou disparition. Vous restez redevable des droits et taxes. La douane vous autorise à quitter le territoire soit en les acquittant, soit en produisant un engagement — souscrit par vous ou votre assureur — de régulariser dans un délai n'excédant pas un an. Tant que la situation n'est pas régularisée, vous ne pouvez importer un autre véhicule. Une assurance souscrite aux frontières auprès des compagnies agréées transfère cette charge à l'assureur.

Décès du bénéficiaire. Les services douaniers autorisent les ayants droit, ou toute personne mandatée par eux, à rapatrier le véhicule à l'étranger ou à le dédouaner aux conditions réglementaires.

Et si vous décidez finalement de garder la voiture

C'est le point de bascule le plus fréquent. Dédouaner un véhicule entré en admission temporaire suppose de réunir un certificat d'identification en double exemplaire délivré par le centre immatriculateur, l'original du document d'AT, la carte grise, votre pièce d'identité et, pour un véhicule de trois mois d'âge ou moins, la facture d'achat originale.

Deux conditions décident du reste : la limite d'âge de cinq ans, traitée dans notre guide sur l'âge maximum d'une voiture importée au Maroc, et l'existence éventuelle d'un régime de faveur si vous êtes MRE — c'est l'objet de notre guide sur l'abattement de 90 % et le vieillissement. Si l'addition vous paraît lourde, le point de comparaison honnête est le prix clé en main d'un véhicule acheté sur place, que nous calculons pour chaque version de notre catalogue neuf.

Questions fréquentes

On vous répond

Combien de temps peut-on rester au Maroc avec une voiture immatriculée à l'étranger ?
Le Guide douanier des MRE édition 2026 de l'ADII accorde 180 jours par année civile, à consommer de manière continue ou fractionnée, pour une voiture de tourisme ou un véhicule utilitaire léger. Pour un étranger en visite, l'ADII publie six mois pour un véhicule de tourisme ou une moto, et trois mois seulement pour un véhicule utilitaire léger. Ces délais ne sont pas prorogeables.
Quelle est l'amende en cas de dépassement de l'admission temporaire ?
Si vous vous présentez spontanément : 1 000 Dh jusqu'à 30 jours de dépassement, 2 500 Dh de 31 à 60 jours, 5 000 Dh de 61 jours à 6 mois, 10 000 Dh au-delà. Si vous vous présentez après saisie du véhicule, l'ADII publie des montants doublés : 2 000, 5 000, 10 000 et 20 000 Dh pour les mêmes tranches.
Faut-il faire une démarche en ligne avant d'arriver au Maroc ?
Non. L'ADII est explicite : « Aucune démarche préalable de la part des MRE n'est nécessaire pour bénéficier du régime de l'admission temporaire pour leurs véhicules automobiles. » Les déclarations écrites modèles D 16ter et D 16bis ont été supprimées au 1er janvier 2019. La prise en charge se fait auprès des agents douaniers à bord du bateau ou au bureau frontière.
Qui peut conduire une voiture en admission temporaire au Maroc ?
Toute personne résidant à l'étranger, sans accord préalable de la douane, à condition d'être munie du certificat d'immatriculation, de la carte d'AT valide et d'un justificatif de résidence à l'étranger. Un résident au Maroc ne peut la conduire qu'en présence du titulaire de la carte d'admission temporaire.
Que se passe-t-il si je décide de garder la voiture au Maroc ?
Vous la dédouanez, mais l'ADII rappelle que cela constitue un manquement à l'engagement de réexportation : « vous serez, de ce fait, tenu de payer, en sus des droits et taxes d'importation, une amende d'un montant de 2.000 dirhams et des droits de timbres de 40 dirhams ».
Que faire si je dois repartir en urgence sans le véhicule ?
Si l'admission temporaire est encore valide, l'ADII vous autorise à laisser le véhicule dans un local de votre choix, garage privé ou public, sans scellement douanier — la réexportation devant intervenir avant l'échéance. Si elle est déjà échue, vous devez souscrire un engagement sur l'honneur de régulariser à votre retour. Dans les deux cas, le véhicule ne doit être utilisé par personne.

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